Teleonomia

La teleonomia és un terme forjat per Jacques Monod[1][2][3] que es refereix a la qualitat d'aparent propòsit i d'orientació a objectius de les estructures i funcions dels organismes vius, la qual deriva de la seva història i de la seva adaptació evolutiva per l'èxit reproductiu.

El terme fou pensat per Monod en contraposició al de teleologia (aplicable a finalitats que són plantejades per un agent que pugui internament modelar o imaginar diversos futurs alternatius, procés en què té cabuda la intenció, el propòsit i la previsió) al voltant de 1970 i exposat al seu llibre L'atzar i la necessitat. Un procés teleonòmic, tanmateix, com podria entendre's per exemple la pròpia evolució, dóna lloc a productes complexos sense comptar amb aquesta guia o previsió. L'evolució comprèn en gran part la retrospecció, car les variacions que la componen efectuen involuntàriament «prediccions» sobre les estructures i funcions que millor poden fer front a circumstàncies futures, participant en una competició que elimini els perdedors i seleccioni els guanyadors per a la generació següent.

A mesura que s'acumula informació sobre les funcions i les estructures més beneficioses, es produeix la regeneració de l'entorn mitjançant la selecció de les coalicions més aptes d'estructures i funcions. La teleonomia, en aquest sentit, estaria més relacionada amb efectes passats que amb propòsits immediats.

ReferènciesModifica

  1. « La pierre angulaire de la méthode scientifique est le postulat de l'objectivité de la Nature. C'est-à-dire le refus systématique de considérer comme pouvant conduire à une connaissance "vraie" toute interprétation des phénomènes donnée en termes de causes finales, c'est-à-dire de "projet". [...] Postulat pur, à jamais indémontrable, car il est évidemment impossible d'imaginer une expérience qui pourrait prouver la non-existence d'un projet, d'un but poursuivi, où que ce soit dans la nature. Mais le postulat d'objectivité est consubstantiel à la science, il a guidé tout son prodigieux développement depuis trois siècles. Il est impossible de s'en défaire, fût-ce provisoirement, ou dans un domaine limité, sans sortir de celui de la science elle-même. L'objectivité cependant nous oblige à reconnaître le caractère téléonomique des êtres vivants, à admettre que dans leurs structures et performances, ils réalisent et poursuivent un projet. Il y a donc là, au moins en apparence, une contradiction épistémologique profonde. Le problème central de la biologie, c'est cette contradiction elle-même, qu'il s'agit de résoudre si elle n'est qu'apparente, ou de prouver radicalement insoluble si en vérité il en est bien ainsi. » Jacques Monod, Le hasard et la nécessité, éd. du Seuil, coll. Points, pp. 37-38
  2. « L'invariance précède nécessairement la téléonomie. Ou, pour être plus explicite, l'idée darwinienne que l'apparition, l'évolution, le raffinement progressif de structures de plus en plus intensément téléonomiques sont dus à des perturbations survenant dans une structure possédant déjà la propriété d'invariance, capable par conséquent de "conserver le hasard" et par là d'en soumettre les effets au jeu de la sélection naturelle. » (Le hasard et la nécessité. Paris, Éditions du Seuil, 1970, p. 37)
  3. « Toutes les autres conceptions qui ont été explicitement proposées pour rendre compte de l'étrangeté des êtres vivants, ou qui sont implicitement enveloppées par des idéologies religieuses comme par la plupart des grands systèmes philosophiques, supposent l'hypothèse inverse : à savoir que l'invariance est protégée, l'ontogénie guidée, l'évolution orientée par un principe téléonomique initial, dont tous les phénomènes seraient des manifestations. » (Le hasard et la nécessité. Paris, Éditions du Seuil, 1970, p. 38)